Voici cinq raisons pour lesquelles il faut dire « non » au Nouveau Deal pour la Nature.


1. Il est conçu par des intérêts particuliers. 
Derrière l'appel pour le Nouveau Deal pour la Nature (« New Deal for Nature », en anglais), également appelé le Global Deal For Nature ou Global Goal For Nature, sont les entreprises les plus puissantes du monde, les institutions financières et les ONG de conservation, y compris celles qui sont complices de violations des droits humains, en particulier le WWF.

 

2. Il est antidémocratique.
Cet accord est négocié sans la participation du grand public. Il a du être conclu lors de la Conférence de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (COP 15) en Chine, en octobre 2020 (désormais différé à mai 2021), sans aucun vote de nos parlements locaux, régionaux ou nationaux, contournant ainsi tout contrôle démocratique.

 

3. Il représente un coup d'État du secteur privé contre les biens communs.
Au cours des négociations sur les accords de libre-échange tels que le TTIP et le CETA, nous avons vu comment nos gouvernements travaillent main dans la main avec les multinationales pour transférer encore plus de pouvoir aux grandes entreprises et privatiser encore davantage les services publics. Aujourd'hui, la nature elle-même est mise à l'encan.

Au prétexte d'actions contre les crises climatique et écologique, le New Deal pour la Nature implique, dans la pratique, la financiarisation et la privatisation de la nature (définie comme « services écosystémiques », « capital naturel », « solutions climatiques naturelles » ou « solutions basées sur la nature ») à l'échelle mondiale.

L'attribution d'une valeur monétaire à la nature permet à des industries telles que les combustibles fossiles de continuer à polluer, tant qu'elles acceptent de s'engager dans des activités à émissions nettes zéro, comme la compensation des émissions de carbone en plantant des arbres ou en « restaurant » la nature.

4. Il opère le sauvetage du système même qui détruit la biodiversité.
Cet accord impliquerait la transformation totale du système économique mondial pour créer de nouveaux marchés, ce qui permettrait de sauver de sa crise actuelle le système capitaliste économique mondial qui nous a menés au bord de la catastrophe écologique.

 

5. Il nuit à ceux qui sont les mieux placés pour protéger la biodiversité.
Cet accord menacerait d'encore plus de déplacements et de génocides les peuples autochtones et tribaux, à mesure que les entreprises mondialisées et les ONG de conservation chercheraient à contrôler leurs terres pour maintenir leur hégémonie au prétexte de lutte contre les changements climatiques et de restauration de la nature. Il s'agit ni plus ni moins d'une nouvelle vague de colonisation, en particulier pour les peuples du Sud mondial.